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je me souviens d’où je viens (4/5)

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Philippe Torreton

Acteur et écrivain

Le comédien flamboyant, devenu écrivain, arrive d’une Normandie humble et secrète, marquée par les souvenirs et les traumatismes de la guerre.

ZOOM

« Je viens du manque de confiance », avoue l’acteur. / Éric Garault/Pascoandco pour La Croix

«Je viens de la grande timidité et du manque de confiance. » Qui le croirait ? L’auteur de cet aveu s’appelle Philippe Torreton, l’inoubliable capitaine ­Conan du film de Bertrand Tavernier où son charisme et sa puissance explosaient à l’écran, un bondissant Scapin, dans Les Fourberies, à la Comédie-Française dont il fut, pendant une décennie, un sociétaire exceptionnel.

« J’étais un petit garçon timide et gentil parce que je n’avais pas les moyens d’être autre chose. J’avais été un enfant terriblement sage. Je faisais le bonheur des nounous. Pépère, un peu gros, une sorte de bouddha qu’on pouvait poser dans un coin avec un jouet et qui n’en bougeait plus. Cette discrétion poussée à l’extrême, de qualité est vite devenue un défaut. Je n’étais rien. Je ne servais à rien. Je n’avais aucune qualité évidente. Ni grand ni fort, et je ne brillais pas en classe. »

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Heureusement, un professeur de français au collège du Petit-Quevilly (Seine-Maritime) détecte que cet effacement n’était que superficiel. « Il s’appelait M. Désir, raconte Philippe Torreton. Il est mort en novembre dernier. Il m’a poussé à m’inscrire au club théâtre. Ce fut une prescription thérapeutique. Je n’osais pas monter sur scène. Je regardais, j’écrivais. Mais j’étais heureux d’y aller. J’aimais la mixité des âges et j’avais enfin le sentiment d’exister. » Un jour, il a fait le saut. À reculons. Pour s’exposer aux feux de la rampe en Sylvestre, déjà dans Les Fourberies. « Me retrouver sur scène, face au public, fut une violence terrible. Mais le théâtre est devenu le centre de la conquête d’une estime de soi. »

Soudain, tout s’est ouvert pour l’introverti Philippe Torreton. « Un des plus beaux moments de ma vie date de cette époque. J’avais écrit et mis en scène un spectacle : On descend à la prochaine. Je bougeais beaucoup sur scène. À la sortie, des copains “footeux” m’avaient cueilli en me disant : “T’es sportif, toi !” Mon premier Molière, c’est eux… »

Depuis, la gloire et la reconnaissance professionnelle, les récompenses décernées par les pairs, n’ont, au fond, rien changé. « Quand un metteur en scène se comporte mal, il fait ressurgir le gamin timoré qui vit toujours en moi, avoue Philippe Torreton. Le théâtre ne m’a pas guéri de ma timidité. À force d’expérience, je peux donner le change. Mais je tremble toujours intérieurement. Le petit garçon de jadis et le quinquagénaire d’aujourd’hui sont une seule et même personne. Je peux très vite perdre ma confiance chèrement acquise. »

À la question du « Je me souviens d’où je viens », Philippe Torreton répond : « De la ville et de la campagne. » De la campagne par sa grand-mère paysanne, Mémé, à laquelle il a consacré un livre magnifique, vibrant d’affection, exaltant la vertu des humbles. « Je viens de cette Normandie de la pluie, du ciel bas et lourd, que je parcourais avec mes jambes d’enfant dans des bottes en caoutchouc. Je viens de cette petite paysannerie d’agriculture vivrière, du lait et des œufs de poule vendus au marché, des pommes à cidre, des moissons et des bottes de foin à jucher au bout d’une fourche sur une charrette, des collations de pâté et de cidre dans le champ… »

Mais une part de Philippe Torreton est aussi ancrée dans la ville, à Rouen. Une ville indissociable d’un traumatisme collectif qui lui colle à la peau. « Je viens aussi du souvenir de la guerre, de ce non-dit qui traversait ma famille. Nous sommes les enfants et les petits-­enfants de cette génération qui ne racontait rien. Le frère de ma grand-mère, résistant, est mort le 6 juin 1944. Elle n’en parlait jamais. Il n’y avait ni tabou ni omerta. Simplement, comme ils appartenaient à cette catégorie de la population à qui on ne demande jamais son avis, ils ne le donnaient pas… »

Ce passé imprègne les rôles importants qu’il a incarnés sur scène ou à l’écran. « Toute mon enfance, je n’ai cessé de penser à la guerre. Rouen, avec ses quartiers reconstruits en béton, m’y renvoyait tout le temps. » Philippe Torreton vient aussi des mots, ceux qu’il porte sur scène, et ceux, maintenant, qu’il écrit dans ses livres autobiographiques. « Les textes des autres sont toujours plus importants que le comédien qui doit rester à leur service. Pourtant, au théâtre, je dis donc je suis. Ce dit-là fait ce que je suis. »

Jean-Claude Raspiengeas
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Un avocat dans l’Histoire







« Je viens du manque de confiance », avoue l’acteur. / Éric Garault/Pascoandco pour La Croix

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Acteur et écrivain

Le comédien flamboyant, devenu écrivain, arrive d’une Normandie humble et secrète, marquée par les souvenirs et les traumatismes de la guerre.

«Je viens de la grande timidité et du manque de confiance. » Qui le croirait ? L’auteur de cet aveu s’appelle Philippe Torreton, l’inoubliable capitaine ­Conan du film de Bertrand Tavernier où son charisme et sa puissance explosaient à l’écran, un bondissant Scapin, dans Les Fourberies, à la Comédie-Française dont il fut, pendant une décennie, un sociétaire exceptionnel.

« J’étais un petit garçon timide et gentil parce que je n’avais pas les moyens d’être autre chose. J’avais été un enfant terriblement sage. Je faisais le bonheur des nounous. Pépère, un peu gros, une sorte de bouddha qu’on pouvait poser dans un coin avec un jouet et qui n’en bougeait plus. Cette discrétion poussée à l’extrême, de qualité est vite devenue un défaut. Je n’étais rien. Je ne servais à rien. Je n’avais aucune qualité évidente. Ni grand ni fort, et je ne brillais pas en classe. »

Heureusement, un professeur de français au collège du Petit-Quevilly (Seine-Maritime) détecte que cet effacement n’était que superficiel. « Il s’appelait M. Désir, raconte Philippe Torreton. Il est mort en novembre dernier. Il m’a poussé à m’inscrire au club théâtre. Ce fut une prescription thérapeutique. Je n’osais pas monter sur scène. Je regardais, j’écrivais. Mais j’étais heureux d’y aller. J’aimais la mixité des âges et j’avais enfin le sentiment d’exister. » Un jour, il a fait le saut. À reculons. Pour s’exposer aux feux de la rampe en Sylvestre, déjà dans Les Fourberies. « Me retrouver sur scène, face au public, fut une violence terrible. Mais le théâtre est devenu le centre de la conquête d’une estime de soi. »

Soudain, tout s’est ouvert pour l’introverti Philippe Torreton. « Un des plus beaux moments de ma vie date de cette époque. J’avais écrit et mis en scène un spectacle : On descend à la prochaine. Je bougeais beaucoup sur scène. À la sortie, des copains “footeux” m’avaient cueilli en me disant : “T’es sportif, toi !” Mon premier Molière, c’est eux… »

Depuis, la gloire et la reconnaissance professionnelle, les récompenses décernées par les pairs, n’ont, au fond, rien changé. « Quand un metteur en scène se comporte mal, il fait ressurgir le gamin timoré qui vit toujours en moi, avoue Philippe Torreton. Le théâtre ne m’a pas guéri de ma timidité. À force d’expérience, je peux donner le change. Mais je tremble toujours intérieurement. Le petit garçon de jadis et le quinquagénaire d’aujourd’hui sont une seule et même personne. Je peux très vite perdre ma confiance chèrement acquise. »

À la question du « Je me souviens d’où je viens », Philippe Torreton répond : « De la ville et de la campagne. » De la campagne par sa grand-mère paysanne, Mémé, à laquelle il a consacré un livre magnifique, vibrant d’affection, exaltant la vertu des humbles. « Je viens de cette Normandie de la pluie, du ciel bas et lourd, que je parcourais avec mes jambes d’enfant dans des bottes en caoutchouc. Je viens de cette petite paysannerie d’agriculture vivrière, du lait et des œufs de poule vendus au marché, des pommes à cidre, des moissons et des bottes de foin à jucher au bout d’une fourche sur une charrette, des collations de pâté et de cidre dans le champ… »

Mais une part de Philippe Torreton est aussi ancrée dans la ville, à Rouen. Une ville indissociable d’un traumatisme collectif qui lui colle à la peau. « Je viens aussi du souvenir de la guerre, de ce non-dit qui traversait ma famille. Nous sommes les enfants et les petits-­enfants de cette génération qui ne racontait rien. Le frère de ma grand-mère, résistant, est mort le 6 juin 1944. Elle n’en parlait jamais. Il n’y avait ni tabou ni omerta. Simplement, comme ils appartenaient à cette catégorie de la population à qui on ne demande jamais son avis, ils ne le donnaient pas… »

Ce passé imprègne les rôles importants qu’il a incarnés sur scène ou à l’écran. « Toute mon enfance, je n’ai cessé de penser à la guerre. Rouen, avec ses quartiers reconstruits en béton, m’y renvoyait tout le temps. » Philippe Torreton vient aussi des mots, ceux qu’il porte sur scène, et ceux, maintenant, qu’il écrit dans ses livres autobiographiques. « Les textes des autres sont toujours plus importants que le comédien qui doit rester à leur service. Pourtant, au théâtre, je dis donc je suis. Ce dit-là fait ce que je suis. »

Jean-Claude Raspiengeas
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